En mai, il pleut, il mouille, ce n’est pas la fête à la citrouille !

Ici on avait rien de mieux à faire pour un samedi 4 juin tout gris que d’aller voir Philippe et Anna à la ferme.

Hop ! On chausse les bottes en famille et zou dans les herbes folles pour vous donner des nouvelles de ce qui s’y passe.

Les cultures extérieures :
Notre premier constat : l’herbe est haute !
Notre deuxième constat : houlà ! il y a de l’eau dans la mare !
Cependant, malgré toute cette eau le terrain n’est pas inondé, juste un peu détrempé après toutes ces pluies qui sont tombées fin mai. Dans ce contexte d’inondations, la ferme se trouve avantagée par rapport à beaucoup d’autres.
Avantagée car :
Elle est située en hauteur
Le terrain à une légère pente
Il n’y a pas de produits chimiques qui imperméabilisent le sol (les produits phytosanitaires et la
sur-exploitation des terrains agricoles créent une croûte de battante qui empêche l’eau de s’infiltrer correctement dans les sols)
Il y a de l’herbe partout, ce qui est propice à une biodiversité importante. Cela permet la bonne aération (merci les vers de terre) et du coup à l’eau de pénétrer plus aisément dans le sol.
(Je vous conseille pour y voir un peu plus clair la vidéo suivante sur la surexploitation des sols en agriculture conventionnelle
Les pluies ont été assez intenses pour faire déborder la mare. C’est ce débordement qui au final aura été le plus gênant.
Les salades se sont retrouvées noyées sous l’eau et Philippe a dû creuser une rigole pour évacuer l’excès d’eau. Pendant ce temps, les pauvres stagiaires récupéraient l’eau avec des seaux pour sauver nos précieuses touffes de feuilles.

Dans l’ensemble, les légumes et les plantes ont été sauvés de la noyade grâce à la situation du terrain et à la méthode culturale du bio. Mais, il reste encore du chemin à parcourir pour qu’on puisse en profiter dans nos assiettes. D’autres éléments interviennent en ce moment qui mettent en péril nos paniers.
L’humidité : additionnée à la chaleur, qui nous arrive d’un coup, profite aux champignons que sont la rouille et le mildiou. On ne peut les contrôler et ils risquent d’affaiblir une bonne quantité de légumes en extérieur : des choux aux courgettes en passant par les fèves et les oignons.

Les limaces et les escargots : certains d’entre vous ont du déjà se faire la remarque, cette année on en est envahis avec l’excès d’humidité. Ils mangent les jeunes plantules qu’Anna bichonne dans sa petite serre. Il faut les chasser et Anna veille au grain. Les enfants ont bien aimé leur faire la chasse.

Les pucerons : ils affaiblissent les plantes, Anna et Philippe les traitent à l’eau additionnée de savon noir et encouragent à fond les coccinelles pour avoir des larves. Les larves de coccinelles adorent les pucerons. En parallèle Anna a aménagé une petite zone de prairie fleurie qui en plus d’attirer les insectes rendra l’espace très agréable aux Amapiens venant sur le site.

Les corbeaux : ils nous ont réservé une très mauvaise surprise lors de notre tour des cultures. Déception et tristesse se lisaient sur le visage d’Anna et Philippe. Les corbeaux ont eu le temps dans la matinée de retourner une très grande partie des 1 200 pieds de courges plantés peu de temps avant (pour trouver des insectes). Des heures et des heures de travail réduites en cendres. Et des heures de travail à rattraper, nous n’étions même pas encore partis que Philippe était déjà en train de préparer les pots pour relancer des semis.

En tout début de printemps Anna et Philippe avec l’aide des stagiaires étaient heureux d’avoir réussi à prendre de l’avance dans leurs cultures. Cependant le temps du mois de mai et les diverses attaques animales ont retourné la situation.
Les légumes ont du mal à mûrir et souffrent de ces conditions, il y a entre 15 jours et 3 semaines de retard dans l’arrivée de ceux-ci. La pluie retarde les plantations des légumes d’hiver : le tracteur risque de s’embourber et le semis des carottes et betteraves sera un peu plus tardif.
Néanmoins on voit les ébauches de courgettes, les salades sont belles, les céleris duveteux à souhait.

Dans la grande serre :
Ici on voit une profusion de jeunes plantes et d’un peu moins jeunes qui sont de belles promesses d’avenir.
Des pieds de tomates aux haricots à rame grimpent le long de leur filin. Aubergines, concombres et poivrons sont aussi en place. Pas loin le basilic qui agrémentera volontiers nos salades de tomates. Les choux-fleurs sont magnifiques et crient « mangez-moi ! ».
Les pastèques, les melons, d’autres haricots sont sous couvert pour limiter les pucerons. Si vous passez à la ferme, Anna vous dira comment elle chouchoute ses plantes en appliquant feuille par feuille la solution au savon noir pour faire fuir les petites bêtes.
Si avec autant d’attention les plantes ne donnent pas de beaux légumes je ne comprends pas !

Pour finir je dirais qu’il faudra croiser les doigts bien fort pour que le temps soit avec nous ces prochaines semaines. Que toute cette eau s’évapore très vite avec un soleil franc pour que les champignons n’aient pas le temps de s’installer.
En attendant Anna, Philippe et les stagiaires vont devoir se relever les manches pour remettre en route les courges et anticiper la perte de rendement causée par les champignons. Les légumes ont du retard, vivement l’été ! Allez, une fois tout bien lancé, on pourra être zen et confiant.
La ferme ne manque pas de travail, n’hésitez pas, si vous avez le temps, de venir chausser vos bottes et donner un coup de main. Vous y serez bien accueillis !

Morgann (Adrien Liam Louka et Swann),
Petits reporters

PHOTOS :

...alors que Louka triche pour attraper celui qu’il a repéré
Petite rigole pour sauver les salades
Le tracteur est au chômage technique
Anna explique à Liam qu’elle ne peut attraper l’escargot qui est tout en haut...
Petite vue de la marre où les iris d’eau ont vraiment les pieds dans l’eau
Philippe observant ses courges impuissant
Les beaux bébés tomate
Beaux pieds de courgettes prometteurs
Les enfants sont petits à côté des haricots !
Les bébés poivron

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